Depuis près de quinze ans, les studios
Pixar nous ont emmené dans des voyages au delà de l’imagination : le grand bleu avec
Le Monde de Nemo,
dans les rêves gastronomiques d’un rat gourmet avec
Ratatouille, aux confins de l’univers avec
WALL-E… Et à chaque fois l’émerveillement fut au rendez-vous, mettant le public et
la critique d’accord. Cette fois,
Pete Docter, le réalisateur de
Monstres & Cie nous fait prendre l’air,
Là-Haut. Carl Fredericksen est un vieil homme qui mène une vie bien morne depuis la mort de sa femme. Lorsqu’un jour il risque l’expulsion et la maison de
retraite, il décide de réaliser le rêve que lui et sa bien aimée avait en commun : à savoir partir vivre au sommet des Chutes du Paradis en Amérique du Sud. Le grand écran présente alors l’une
des images les plus poétiques et des plus impressionnantes de l’année : la maison de Carl, attachée à des milliers de ballons gonflées à l’hélium, prend son envol entre les immeubles de la ville.
Inutile de préciser que la technique de Pixar fait encore une fois des merveilles, que ce soit pour les plans aériens dans les nuages ou en pleine tempête, ou encore les paysages exotiques
survolés. La technologie du 3D relief, utilisée avec subtilité, ajoute au vertige de sensations qu’offre ce film vraiment dépaysant. Si le design des personnages peut paraître simpliste (les
formes cubique de Carl…), l’animation est parfaite. L’attention aux détails est également très pointilleuse (remarquez la barbe de Carl qui pousse au fur et à mesure du film).
Dans son aventure, Carl (doublé dans la version française par
Charles Aznavour) va devoir faire équipe avec Russell, un jeune scout hyperactif qui se
trouvait sur le porche de sa maison au moment du décollage, un chien parlant et un étrange volatile tropical. L’humour est, comme dans tous les Pixar, bien présent et redoutablement hilarant. Que
ce soit la relation entre Carl et Russel qui fait des étincelles, les répliques tordantes du chien Dug («
Squirrel ! »), les gags de Kevin l’oiseau qui rappelle les belles heures des
courts-métrages Warner et Disney, on rit beaucoup. Mais ce n’est pas pour autant que les personnages et l’émotion sont laissés de côté. Chaque protagoniste possède une histoire et un axe
scénaristique qui fait que l’on s’attache à chacun d’eux et que l’on frissonne lorsqu’ils sont en danger. Preuve encore de la maîtrise de l’art du cinéma par les artistes Pixar : l’introduction
du film qui résume la vie de Carl et Ellie en vingt minutes, le tout quasiment sans paroles et rythmé par une partition mélancolique et sublime de
Michael
Giacchino, est d’une maestria rare. Des moments d’intenses émotions, prenant même le risque d’aborder des thèmes sombres pour un film d’animation (la mort, une fausse couche, le
divorce…). Lorsque j’ai vu le film à Cannes, je n’ai pu retenir des larmes et à en juger par les reniflements autours de moi, je n’étais pas le seul (et c’est vraiment pas pratique avec les
lunettes 3D). Quand aux scènes de bravoure, elles sont palpitantes et bénéficient d'une mise en scène inspirée et pleine d'énergie, à l'image de la scène de la tempête ou de la course poursuite
en avions.
Là-Haut est un chef-d’œuvre de plus à rajouter à la liste pour Pixar. Une leçon de cinéma non pas destinée uniquement aux enfants, comme le sont la plupart des films d’animation aujourd’hui. Les
artistes de Pixar offrent à chaque fois des films qui parlent à toutes les catégories démographiques sous des allures de fantaisie réveillant l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Une recette
qu’utilisait un certain Walt Disney à ses débuts et qui a largement fait ses preuves. Dès sa sortie, courrez voir Là-Haut, vous en sortirez le cœur léger et avec une envie de mordre la vie à
pleine dents.
PS : amenez des mouchoirs !
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