Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 00:01

millenium.jpg

 

Adapter un best-seller qui avait déjà fait l'objet d'un portage européen il y a à peine deux ans était un projet plutôt étrange pour David Fincher. Mais à y regarder de plus près, le livre tacle des thèmes chers au réalisateur: une enquête captivante à la Zodiac, une violence (mois graphique peut-être) comme dans Seven et un regard social un brin satirique aperçu dans The Social Network. C'est donc en terrain connu que le cinéaste déploie à nouveau ses talents d'orfèvre du septième art moderne. Cette nouvelle version de Millenium: Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes reprend l'histoire du livre dans laquelle un journaliste bafoué s'adjoint les services d'une hackeuse antisociale. Ensemble, ils partent à la recherche à élucider la mystérieuse disparition d'un membre de la famille du clan Vanger, puissants magnats suédois.

 

millenium2.jpg

 

Le scénario de Steven Zaillian parvient à garder les qualités de l'œuvre littéraire tout en condensant les meilleurs éléments pour en faire un thriller cinématique et efficace. Scène après scène, le film avance en développant deux arcs qui se retrouvent naturellement vers le milieu du métrage. La virtuosité de David Fincher est ici encore éclatante et ne s'économise pas sur les bonnes idées. Son sens de la mise en scène et un travail minutieux de la photographie font des merveilles et parviennent à établir des atmosphères impeccables: des paysages froids et isolés de la Suède rurale aux intérieurs dérangeants, en passant par les rues nocturnes sublimement éclairées.

 

millenium3.jpg

 

L'univers musical est tout aussi intéressant avec une partition très inspirée d'un collaborateur de longue date du réalisateur, Trent Raznor. Leur alliance ouvre d'ailleurs le film dans le vif avec un générique explosif sur une revisite de la chanson « Immigrant Song ». Relativement classique, l'enquête sur les traces d'un serial killer se révèle pourtant captivante car le thriller s'en sert pour se plonger dans une étude passionnante de ses personnages. Une immersion dans deux vies fondamentalement opposées qui vont pourtant se croiser et fusionner non sans conséquences. Daniel Craig délivre l'une de ses meilleures performances de sa carrière, toujours juste et crédible tandis que Stellan Skarsgård se révèle toujours aussi efficace.

 

millenium4.jpg

 

Mais la véritable perle du film reste Rooney Mara, la jeune actrice découverte dans The Social Network interprète le rôle central de Lisbeth et parvient à se démarquer de l'incarnation de Noomi Rapace dans le film suédois. Métamorphosée sous une carapace de cyberpunk piercée et antisociale, elle oscille constamment entre l'innocence d'une petite fille et la force d'une femme fatale en un clin d'œil. L'intensité et la dureté de la vie du personnage se lisent dans le puissant regard de la jeune comédienne, dont les sourcils rasés renforcent encore plus l'efficacité. A l'image de Lisbeth, Millenium: Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes n'est pas un film pour les cœurs sensibles (certaines scènes sont à la limite du soutenable); qui déconcertera certainement une partie du public. Témoignant du talent prodigieux de David Fincher qui n'est désormais plus à prouver, le film est une incursion passionnante dans les esprits brouillés de héros, reflets d'une société branlante. Un tour de force hypnotique.

 

9.gif Sortie en salles: 18.01.12

 


Par Kinoo - Publié dans : Critique - Communauté : Cinema - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

 

00000contactlogo.gif likebutton.gif twitterbutton.gif

 

    A la Une:

boutonPROMETHEUS.gifboutonMIB4.gif

boutonAvengers.pngboutonDarkS.png

000boutonMuppetsSMALL.png

000BattleshipBouton.png

boutonHG2.png000boutonJCsmall.png capturesBouton.png

smashbouton.png

walkingdeadbouton.pngtronedeferbouton.pngBBTbouton.pngHotClevelandBouton.png

 

 

 

SCL.gif

Recherche

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés