Partager l'article ! Rencontre: L'équipe de Félins raconte leur aventure sauvage: Alors que l'année 2012 débutait à peine, l'équipe ...
Alors que l'année 2012 débutait à peine, l'équipe du documentaire Félins était à Paris pour rencontrer la presse dans le cadre du palace Hyatt Park près de la place Vendôme. Des
contrées sauvages de l'Afrique des lions aux fastes d'un hotel parisien, le décalage était au rendez-vous mais les réalisateurs Keith Scholey et Alastair
Fothergill et la cadreuse Sophie Darlington n'étaient pas avares en anecdotes. En tant que grand fan de documentaires animaliers, j'ai saisi l'opportunité de rencontrer
ces pointures du genre (à eux trois, on leur doit les séries Planète Bleue et Planète Terre et le film Un Jour sur Terre), l'occasion de revenir sur leurs anecdotes de
tournage.
Hollywood&Co: La question qui me vient après la vision de ces très belles images est comment faites-vous pour filmer d'aussi belles histoires avec des
acteurs aussi imprévisibles ? Est-ce que vous écrivez l'histoire avant ou est-ce que vous vous adaptez aux animaux ?
Alastair Fothergill: Keith et moi avons passé des années auprès de ces animaux. Les connaissant autant, nous savions dès le départ le potentiel émotionnel de leur
vie sauvage. Nous avions donc une ébauche de scénarios pour nos lionnes et nos guépards mais nous étions vraiment dépendants d'eux. Si Sita n'avait pas réussi à mener à bien l'éducation de ces
enfants, ça aurait été désastreux pour nous qui avions tout de même besoin d'une fin heureuse.
H&Co: J'imagine que l'on s'attache facilement aux bêtes en passant autant de temps à leurs côtés...
Keith Scholey: Absolument, on s'investit physiquement mais surtout psychologiquement dans ce tournage. Et c'est très difficile de voir des choses terribles se
dérouler devant nos yeux. Mais nous avons une règle c'est de ne jamais intervenir, ne jamais déranger le cours de la nature.
Sophie Darlington: Quand les deux bébés guépards sont portés disparus et qu'on assistait aux cris et aux pleurs désespérés de la mère dans la nuit, ça m'a brisé le
cœur. Évidemment, lorsque vous passez neuf mois, sept jours sur sept, aux côtés de ces fascinants animaux, ils deviennent des membres de votre vie. Et malgré la tentation, nous ne pouvons
pas interférer.
H&Co: Après tant d'années d'expérience dans la nature, est-ce que le tournage de Félins vous a toutefois réservé des surprises ?
Alastair: Tout à fait, nous avons eu des moments inédits qui nous ont pris par surprise. Jamais nous aurions cru voir un lion défier des crocodiles au bord d'une
rivière, c'est une image que personne n'avait jamais rapporté. Le moment où la mère guépard attaque les lions pour défendre ses enfants est assez extraordinaire également, ce n'est pas comme ça
que ça se déroule habituellement.
Caroline: On avait jamais vu des guépards nager à travers une rivière non plus. Je pense que le film nous a offert des moments de vie de ces félins qu'on n'avait pas
eu l'occasion de voir auparavant.
H&Co: Quelles sont les qualités pour travailler avec les animaux ?
Keith: La connaissance et l'expérience sont deux clés pour faire un tel film. Vous devez être familier avec les animaux que vous filmez au point d'anticiper leurs
mouvements et leurs décisions. Il faut être capable de se projeter dans la tête de ces lionnes et de ces guépards pour parvenir à se positionner et avoir les meilleures images
possibles.
Alastair: C'est un sentiment génial que vous éprouvez lorsqu'ils font exactement ce à quoi vous vous étiez préparés ! (rires). Plus sérieusement, avec l'expérience
vous forcez la chance de votre côté.
Caroline: La patience est une qualité nécessaire. Nous passons des heures, assis sur nos jeeps, à attendre que les félins se manifestent. Et bien sûr la passion doit
être au rendez-vous, vous devez aimer chaque jour ce que vous faites.
H&Co: Est-ce qu'il y a un animal de votre enfance qui vous a donné envie de faire ce que vous faites aujourd'hui ?
Alistair: J'ai toujours aimé les chimpanzés (prochain film ndlr) même si les séries et les films américains lui ont donné une image bien trop simpliste. Je suis
toujours frappé des points communs que ces primates partagent avec l'homme. Ils sont passionnants.
Keith: J'ai été élevé dans une réserve africaine et je me rappellerai toujours de la première fois où j'ai vu un guépard chasser. J'avais été frappé par sa vitesse
et sa grâce. C'est une image qui m'est restée.
Caroline: Il y a un film que je regardais petite qui m'a donné l'amour des animaux. Il s'appelait Born Free et racontait comment un couple élevait une lionne nommée
Elsa.
Propos recueillis par Jonathan Rabeute
Félins: Actuellement dans les salles
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